Lettre trimestrielle
Tammouz 5762 - Juin 2002

Articles extraits de notre lettre de nouvelles.

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Réponse à l'insécurité par Stephen Pacht (Directeur de "Juifs pour Jésus" à Paris )

Le mot d'ordre est "insécurité". Le Front National a mené sa campagne sur ce thème et le Président Chirac considère cette question comme prioritaire. Cela interpelle également les Juifs, en France ou en Israël.

Ces derniers dix huit mois la communauté juive en France a subi le plus grand nombre d'agressions de tous les pays occidentaux : Des joueurs de foot juifs attaqués par des jeunes portant des barres de fer en banlieue parisienne, des autocars de ramassage scolaire juifs incendiés, la destruction de synagogues à Marseille, Lyon et Paris et la desécration de cimetières juifs. Plus de 300 incidents en 2001 et certains parlent d'un nombre déjà similaire pour les premiers mois de cette année. Le gouvernement refuse apparemment de reconnaitre que l'antisémistisme augmente, et que ces actes, perpétrés principalement par des marginaux de la communauté musulmane en France, ne sont pas de simples actes de vandalisme et d'insécurité. Toute cette situation a engendré une préoccupation grandissante dans la communauté juive. Dans le contexte du conflit Israelo-Palestinien, le Grand Rabbin de Grande Bretagne, Jonathan Sachs, a déclaré que les Juifs recherchent la sécurité et les Palestiniens recherchent la dignité. Tous recherchent la sécurité, mais peu la cherche là où elle se trouve. Si on ne cherche que des solutions politiques, on est forcément déçus, et on rejette la faute sur les autres. Récemment, à la suite d'une manifestation pro-palestinienne, les murs extérieurs de notre bureau "Juifs pour Jésus" ont été couverts d'affiches qui laissaient entendre que nous, en tant que Juifs, sommes la cause du malheur des Palestiniens. Mais l'explication biblique est bien différente. "Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu". Le psalmiste le dit de manière éloquente : "L'Eternel, du haut des cieux, regarde les fils de l'homme, pour voir s'il y a quelqu'un qui soit intelligent, qui cherche Dieu. Tous sont égarés, tous sont pervertis; Il n'en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul." (Psaume 14:2-3). Nous devons garder cette perspective, et nous rappeler que la solution se trouve en Jésus Christ. L'apôtre Paul, autrefois Pharisien et persécuteur des premiers Juifs pour Jésus, le résume ainsi : "J'exhorte donc, avant toutes choses, à faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâce, pour tous les hommes, pour les rois et pour ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille en toute piété et honnèteté. Cela (les prières) est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme, qui s'est donné en rançon pour tous." (1 Timothée 2:1-6). Malheureusement, il nous est plus facile de voir la paille dans l'oeil de notre ennemi que de voir la poutre dans le notre. Dieu appelle tous les hommes à la repentance. Il appelle les Chrétiens à proclamer spécifiquement le message de l'Evangile. Mais les slogans politiques et partisans prennent le pas sur cette proclamation au fur et à mesure que l'Evangile se ternit dans nos coeurs.
La Fédération Protestante de France, par un communiqué de presse du 13 décembre 2001, félicitait le Ministre des Affaires étrangères de l'époque, M. Hubert Védrine, pour son approche "équilibrée" des problèmes du Moyen-Orient et sa dénonciation sans détour de la politique de "colonisation" d'Israël. Aucune condamnation du terrorisme. Aucun rappel que le seul espoir durable est en Christ, non seulement pour Israël et les Palestiniens, mais aussi pour la France et les Français. Aucun rappel du message du Salut. Aucun appel à la repentance. Le rejet de la faute sur Israël, un peu comme la faute traditionnellement rejetée par l'église sur les Juifs pour la mort du Christ. Un rappel de la mort plutôt que l'espoir de la résurrection.

Par contraste, l'apôtre Paul avait choisi de rappeler le message de l'Evangile à ses frères dans la foi à Corinthe : Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures ; il a été enseveli, et il est réssucité le troisième jour, selon les Ecritures (1 Cor 15:3). La mort a été anéantie par la victoire : le Christ est vivant. Il y a de l'espoir pour l'avenir, en France et en Israël - de l'espoir en Christ. Voilà le message que les Chrétiens doivent apporter: "Nous sommes donc ambassadeurs du Christ, comme si Dieu lancait son appel à travers nous, nous en supplions au nom du Messie : Soyez réconciliés avec Dieu. Celui qui n'a pas connu le péché, il l'a fait péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu." (2 Corinthiens 5:20-21).


Questions des lecteurs (extrait)

Nous avons choisi de publier dans cette rubrique certaines de vos questions le plus fréquemment posées, en y apportant notre réponse.

A quel moment s'est produite la rupture entre la synagogue et les premiers Juifs messianiques ?

Une des prières le plus souvent récitées à la synagogue s'appelle Amidah (ce qui signifie "se tenir debout" car la prière se récite debout) ou bien Shemonei Esreh (ce qui signifie "18" car elle est constituée de 18 bénédictions). Une 19e "bénédiction" fut introduite par Rabbi Samuel vers la fin du premier siècle après Jésus Christ. Mais il s'agissait en fait d'une malédiction contre les hérétiques. Le Talmud donne des instructions à propos de l'Amidah : si l'officiant oublie de réciter l'une des bénédictions, il n'est pas tenu de recommencer.
Cependant, lorsqu'il s'agit de la "bénédiction" contre les hérétiques, il peut être lui même suspecté d'hérésie (Berahot 28b.) Le célèbre rabbin contemporain israélien, Adin Steinsalz, explique que Rabbi Gamaliel jugeait nécessaire l'ajout de cette sévère malédiction contre "la secte nazaréenne" qui, selon lui, allait à l'encontre des fondements même du Judaïsme. Ceci nous montre que les Juifs messianiques étaient à la fois présents et influents au sein du judaïsme au premier siècle.
L'opposition aux premiers "Juifs pour Jésus" a en fait commencé bien avant la destruction du deuxième Temple. L'évangile de Jean (ch. 9) nous dit que les parents de l'homme né aveugle avaient peur d'avouer aux chefs religieux que Jésus avait guéri leurs fils. Selon le texte, "les Juifs avaient déjà convenu que si quelqu'un reconnaissait Jésus pour le Christ, il serait exclu de la synagogue." (v 22)

De nos jours certains Juifs messianiques sont membres de synagogues alors que d'autres n'y sont pas les bienvenus. D'autres encore, tout comme beaucoup de Juifs en général, ne cherchent pas à être membres d'une synagogue.



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